Diable de Tasmanie

Nom scientifique : Sarcophilus harrisii

Famille : Dasyuridae

Taille et poids : jusqu’à 30 cm au garrot et 12 kg

Localisation : Tasmanie

Population sauvage : 10 000-15 000 individus (2008)

Statut : en danger

Régime alimentaire : Principalement des charognes ; occasionnellement petits mammifères, lézards, poissons, oiseaux, amphibiens, insectes.

 

L’Océanie regorge de bestioles uniques en leur genre, certaines étant emblématiques du continent australasien comme l’étonnant diable de Tasmanie.

Cet animal est le plus gros des mammifères marsupiaux carnivores au monde. Les diables, ou Tassie de leur surnom australien, possèdent des mâchoires massives dont la morsure est très puissante (l’une des plus puissantes au monde, tout animal confondu). Voraces et charognards, ils peuvent ingérer près de la moitié de leur poids en une journée. Par ailleurs, ils ont pour habitude de dormir dans la carcasse en décomposition, afin de pouvoir la manger en continu et surtout afin de maintenir saine la charogne en empêchant la prolifération d’asticots de mouches à viande notamment. Les diables sont d’excellents grimpeurs, en particulier les jeunes. Ils sont en effet bien plus agiles que leurs aînés, et grimpent facilement aux arbres afin d’échapper à leur voracité sans limite. Les diables de Tasmanie sont également d'infatigables nageurs et coureurs.

Comme tout autre mammifère marsupial, les diables connaissent une double naissance : d’abord expulsés à l’état d’embryon et de la taille d’un grain de riz, ils poursuivent leur croissance protégés dans la poche de la mère et en sortent au bout de 2-3 mois. Une mère donne naissance à environ 20 à 40 petits à la fois, mais la course à la survie commence déjà, car seuls certains attendront la poche salvatrice, qui n'a que quatre mamelles. Puis, lorsqu’ils atteignent l’adolescence, ces ingrats jettent leur mère en dehors du foyer pour s’y installer en toute indépendance !

Mais rien de tout cela n’est bien diabolique... Leur nom de "diables" de Tasmanie est en fait dû au cri terrifiant qu’ils produisent dans la nuit. Lorsque les premiers colons européens arrivés en Tasmanie ont entendu des cris et des grognements nocturnes à glacer le sang, provenant des profondeurs de la brousse, ils ont cru à la présence de démons. Toutefois, ces animaux sont très craintifs et timides vis-à-vis de l’espère humaine et lorsqu'ils se sentent menacés, ils poussent d'étranges "bâillements" qui leur donnent l’air féroce et qui sont plus une manifestation de peur et d'anxiété qu'une agression.

D’après le registre fossile, les Tassie ont vécu sur le continent australien jusqu’à il y a environ 400 ans. Depuis 2008, les diables de Tasmanie sont considérés comme une espèce en voie de disparition, notamment parce qu'ils sont heurtés par des voitures lorsqu'ils tentent de récupérer des animaux tués sur la route. En outre, ils sont mortellement touchés par une tumeur faciale qui se propage très rapidement. Les tumeurs s'accumulent dans la bouche des animaux touchés et les empêchent de manger. Des dizaines de milliers de diables de Tasmanie sont morts depuis l'apparition de cette maladie à la fin des années 90. Actuellement un programme de sauvegarde des Tassie, initié par les gouvernements d’Australie et de Tasmanie, permet de financer les recherches, soins et refuges afin d’éradiquer ce cancer et de préserver et ré-introduire les populations de diables de Tasmanie.

 

Sandrine Ladevèze - UMR 7207 - MNHN

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